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Bulletin de la Société Ramond

 

UN AQUEDUC ANTIQUE A BAGNERES-DE-BIGORRE

Par Richard SABATIER

 

« Qui clair comme cristal, par la ville ondoyant
Va toute heure qu’on veut sur le pavé balayant,
Et bien qu’entre son flot aussi froid que la glace
Et le bain chasse-mal, on trouve peu d’espace,
Il retient sa nature, et ne veut, tant soit peu,
Mélanger, orgueilleux, son froid avec son feu »
Guillaume de SALUSTE du BARTAS

 

BAGNERES – Emilien FROSSARD (1802-1881) chromolithographie - ROSALIS, Toulouse.

Avant l’arrivée du chemin de fer, avant l’étendue des usines, avant l’accroissement des quartiers qui, débordant l’Adour, viendront barrer la vallée, Emilien FROSSARD saisit dans cette vue tout le sui generis d’une ville d’avec ses eaux.

L’Adour est au premier plan. Au delà c’est toute l’étendue calme et claire de la plaine qui contraste l’élévation de la montagne.

Un passage étroit mène au pays de Campan. Ce défilé vers la haute vallée de l’Adour, taillé en auge dans les premières crêtes calcaires des massifs du Lhéris et du Monné, ouvre sur le skyline des hautes cimes de l’Arbizon au Pic du Midi de Bigorre.

A l’immédiat contact de la plaine et de la montagne, à distance du fleuve, toute la vie thermale en se pressant aux pieds du Montolivet et de la colline du Pouey se serre au plus près de ses sources. Sa silhouette se détache des épaulements surbaissés de la Herrère et du Buala vers Médous. Epaulements qu’Emilien FROSSARD détache du petit Monné par l’ombre d’une pente abrupte insinuant ainsi le discret vallon de Salut dont le petit bassin hydrographique verse ses eaux tièdes dans la plaine parallèlement à l’Adour.

Des ruisseaux qu’il rassemble naît l’Anou qui sur 5 kilomètres va parallèle à l’Adour, s’anastomosant, passant Pouzac, mélangeant ces eaux à celles de la Gailleste, pour n’abonder le fleuve qu’au-delà de Trébons.

Mais peut-on se faire une idée de Bagnères avant Bagnères ? Avant sa structuration thermale ? Quels cheminements de nos pensées, de nos entendements, dévoilant, découvrant, imaginant, permettront de réaliser ce qui en fait intrinsèquement un lieu ? Imaginer son être, ce qu’il fut, ce qu’il est et ce qu’il peut en advenir.


HIATUS
 

Cherchant un contraste entre les formes naturelles et les figures géométriques des thermes antiques et de l’arpentage médiéval, les quatre planches qui suivent interrogent un hiatus de plus d’un millénaire dans la formation de la petite agglomération !

Dans un article précédant nous proposions une première incursion dans ce noir. Nous y reconnaissions deux lotissements successifs : un premier sous la forme d’un quadrilatère comme agrippé au site antique et axé sur l’actuelle rue Salies, puis la forme d’un second associé à l’église de Saint-Jean et axé sur l’actuelle rue des Thermes.


 

BLEU, fleuve et ruisseaux : La résurgence de Salut, les ruisseaux de L’Aigo Tebe (d’après le cadastre 1810 – AD 65), du Sallagna et du Bédat, débouchant de l’étroit vallon pour s’écouler vers le nord parallèlement à l’Adour.
POINTILLE SEPIA : La ligne de séparation des eaux entre les deux sillons fluviatiles.
VERT : Sur cette ligne de « crête » un chemin depuis lequel on aperçoit un champ de sources où parmi des vapeurs douces et méphitiques un peuple de sphaignes prend soins des passants, bêtes et gens.

 

Des premiers thermes liés à la cité des Convènes
(d’après la carte topographique actuelle de l’IGN)

 

 

ROUGE : Les thermes « romains » s’implantent au plus près des sources chaudes. L’hypothétique grille rouge les représente. Elle s’oriente selon l’axe des ruines décrites en 1824. BLEU : En pointillé l’axe de l’aqueduc récemment découvert, son exutoire vers l’Anou. Le fait que l’axe de la « voie » romaine venant de la cité des Convènes se brise est peut-être due à un aménagement conjoint du lit du fleuve et du grand tracé. Perpendiculaires aux fleuves d’autres tracés le suggèrent.
HACHURE ROUGE Au dessus du Pouey l’évocation d’un « camp de César », en dessous un temple.

 

Bourg vieux et Bourg Neuf se substituent aux premiers thermes
(d’après la carte topographique actuelle de l’IGN)



Lotissement du site thermal en deux étapes : le Bourg vieux (A) fondé sur l’établissement antique augmenté du clos Saint-Jean. LANIERE ROUGE Puis le Bourg Neuf (B) Nous sommes alentours du XIIe siècle. BLEU En amont, un bief sur l’Adour alimente un canal enveloppant qui passe au pied du Pouey et contourne le Bourg Neuf. Les deux bourgs sont-ils toujours séparés par l’Aigo Tebe ? L’aqueduc des thermes antiques est-il toujours en fonction ? J Des jardins sont associés aux bourgs
POINT ROUGE Une église Saint-Martin en dessous le Pouey, une troisième sur un site cémétérial vers le pont de l’Adour suggèrent l’étendue de la petite agglomération.

 

Bourg vieux et Bourg neuf constituent une toponymie et une typo-morphologie caractéristiques des fondations urbaines régionales telles que nous les rencontrons à Morlaàs ou à Orthez en Béarn ou comme à Tarbes en Bigorre. Mais alors que bourg vieux et bourg neuf s’y enchainent en droite ligne, à Bagnères le bourg neuf et bourg vieux se décalent l’un vis-à-vis de l’autre. Le principe d’un alignement à partir d’un axe commun paraît contraint. Le chemin d’axe du bourg vieux, toujours repérable dans la corrélation des rues de Salies, de l’Horloge et plus loin de Bégole, ne le permettait pas. Quelque chose l’en empêchait : il devait déjà être longé de constructions. Et pour que les deux bourgs restent connexes les arpenteurs ont du aller chercher une page plus libre dans les champs d’à côté.

A Bagnères, cette particularité dans l’arrimage du bourg neuf au bourg vieux conserve une trace de la force d’attraction de la cité des Convènes, sa vie urbaine, sur le premier établissement thermal. Ici, hors du « carré » thermal antique et sa rue de Salies, une première carrère longue continuait vers l’est via les ponts de l’Adour. Le Vicus aquensis regardait ainsi vers la Narbonnaise dans une temps où dans les plaines l’oppidum Bigorra, future première cité épiscopale, était lointain et Tarbes un vicus de piémont captant la grande voie du sel.

Cette distorsion dans l’enchainement des bourgs vieux et neuf est l’expression de tropismes influant sur la forme et la structure de Bagnères au cours de son histoire. Cette distorsion, en les décalant, est une trace du déplacement de l’ouest vers le nord du siège des pouvoirs et de la réorientation des principaux courants d’échange dans lesquels s’est inscrit le bourg thermal.

Ce n’est qu’au cours du XIIe siècle que le comte de Bigorre installera sa salle de Justice à Tarbes et que l’évêque portera le titre d’Evêque de Tarbes. Et Pétronille restait à naître .


Mais nous détournant de la France qui viendra nous voici à nouveau en face de cette profonde marche de temps. Comment l’enjamber ? Comment l’aménager ? Comment en entreprendre l’apparent silence ?

Chuchotant, des sources se font entendre ?


UN AQUEDUC SOUS-JACENT COMME UNE MAIN TENDUE

L’été dernier la redécouverte d’un aqueduc antique dans le quartier thermal de Bagnères-de-Bigorre, place d’Uzer, est une main tendue par la Providence car, s’en saisissant, elle nous permettra d’aller plus avant dans le décryptage de ce soi-disant quasi blackout des siècles.

En effet, le 19 septembre dernier, à l’occasion de travaux de voirie place d’Uzer, une chambre de visite donnant accès à un aqueduc antique a été mise à jour. Cette chambre souterraine est située près de l’angle de la maison d’Uzer côté rue de Salies. Relativement grande elle fait 1,30 mètre par 2 ,40 mètres. Au fond on y aperçoit la voûte rompue d’un aqueduc puis au-delà, à environ 3 mètres de la surface, un fil d’eau.

Une fois descendu et la voute passée on vérifie que l’axe de l’aqueduc est parallèle à la façade d’Uzer. Murée dans la direction de la Villa Romme, à l’opposé, la conduite passe sous la rue Salies et s’enfonce à vue sous l’îlot faisant face aux thermes actuels. La portion rectiligne de l’aqueduc auquel on a accès fait 7 à 8 mètres de longueur.

La voute en a été visiblement fracturée lors de la création de cette chambre de visite. On observe que l’aqueduc a été dévié de son cours initial vers un nouveau canal souterrain traversant en diagonal la place jusqu’à la rue Larrey et recevant à mi parcours les eaux d’un autre placé dans l’axe de la rue Soubies. Ces nouveaux canaux souterrains sont de dimensions plus modestes que celles de l’aqueduc, de 90 centimètres de larges et de 1,20 mètre de haut, et d’une mise en œuvre différente étant couverts non d’une voute appareillée mais de larges dalles posées à l’horizontale.

Alors que le canal souterrain placé dans l’axe de la rue Soubies conduit des eaux vives courant vers la rue Larrey l’ancien aqueduc apparaît rempli d’une boue ferrugineuse d’où ne s’écoule plus qu’un filet d’eau. La création de cette chambre de visite correspond ainsi à la désaffectation de l’ouvrage antique lors de la construction, dans le premier quart du XIXe siècle, des thermes Marie-Thérèse, actuels Grands Thermes.

Hormis la fracture de la voute nécessaire à la création de sa dérivation, le tronçon observable de l’aqueduc antique est en bon état. On a pu y observer qu’il a fait l’objet de plusieurs interventions pour entretien. L’épaisseur des concrétions enrobant l’appareillage de la voute montre son ancienneté.

A la croisée de l’aqueduc avec l’axe de la rue Salies on a constaté une cheminée de visite dont la cohérence avec la mise en œuvre de la voute permet de penser qu’elle a été conçue en phase avec l’ouvrage. Cette concordance rend le tracé rectiligne de l’actuelle rue Salies contemporaine de sa construction. En amont et en aval de cette cheminée d’accès l’ouvrage semble de plus présenter des factures distinctes. Ainsi ces premières observations en appellent bien d’autres.

A notre demande, avec l’accord de Jean Bernard SEMPASTOUS, maire de Bagnères-de-Bigorre, Philippe GUITTON, architecte DPLG membre de notre société, a réalisé un premier relevé de l’ouvrage ainsi que des photographies. Ces premières observations ont été soumises à l’expertise de Jean-Louis PAILLET , architecte DPLG archéologue, puis de Vincenzo MUTARELLI , Archéologue départemental de Seine-Maritime, Directeur du "théâtre antique" de Lillebonne. Ainsi grâce aux premières mesures et aux premières observations qui ont pu être réalisées permettent dores et déjà de replacer ce tronçon d’aqueduc antique dans l’actualité de la recherche archéologique contemporaine.
Nous transcrivons ici les commentaires de Jean-Louis PAILLET, Architecte DPLG, retraité de l'Institut de recherche en architecture antique – IRAA - du CNRS :
« Le problème que vous me soumettez est difficile à résoudre car :

1. cet aqueduc a été restauré plusieurs fois,
2. les murs bajoyers du canal sont recouverts de dépôts carbonatés qui masquent les parements
3. le fond du canal n'est pas visible (recouvert de gravats, de concrétions ou d'eaux boueuses).

« Cela étant, les deux photos ont éveillé mon attention :

1. Au niveau du sommet des murs bajoyers de la canalisation, j'ai remarqué que la première assise de la voûte en berceau est posée avec un léger retrait de 5 à 7 cm dans le but de pouvoir poser les cintres de la voûte sur le haut des murs du canal. Cela est classique dans les aqueducs antiques mais existe aussi au Moyen-âge.
2. D'autre part, on devine que cette première assise a été posée avant la pose du cintre et du reste du berceau.
3. Enfin, quelques centimètres au-dessous du sommet des murs bajoyers, j'ai remarqué la présence d'un chanfrein qui correspond à la fin du cuvelage d'étanchéité qui a été déposé sur les parois latérales ou murs bajoyers de la canalisation. Dans les aqueducs antiques, ce chanfrein correspond au sommet des couches de l'enduit d'étanchéité rose (opus signinum). Cet enduit n'existe que dans les aqueducs antiques. Si en donnant un coup de marteau sur cet enduit, vous voyez qu'il contient des fragments de mortier de tuileau (briques ou tessons de céramique) vous pourrez être sûrs que cette partie là, au moins, est antique.

D'autre part certaines mensurations données par les relevés sont parlantes :

1. La largeur du canal de mur à mur est de 1,30 m. Si j'enlève 6 cm de chaque côté pour les deux enduits d'étanchéité, il reste pour le passage de l'eau 1,30 – 0,06 – 0,06 = 1,18 m.
2. Or, 1,18 m est égal à 4 pieds romains du Haut-Empire, soit 0, 2957 x 4 = 1,18 m. Cela ne peut pas être un hasard car dès le Haut Moyen-âge, les systèmes de mesures ont changé et le pied romain est tombé en désuétude.
3. La hauteur de la canalisation n'est pas connue et si un jour, vous deviez la découvrir, je ne serais pas étonné qu'elle soit de 1,18 ou 1,20 m. Ce qui avec le rayon de la voûte conduirait à une hauteur totale sous le sommet de l'intrados de la voûte de 1,80 m environ. De plus elle devrait comporter, à sa base, un solin de raccordement en quart de rond, pour lui assurer une meilleure étanchéité.

Toutes ces valeurs sont presque les mêmes que pour l'aqueduc de Nîmes dont la canalisation, quand elle est enterrée, présente des dimensions semblables à celles ci-dessus.

Pour résumer mes propos, je dirai que vous êtes, très probablement, en présence d'un tronçon d'aqueduc antique qui a été remanié plusieurs fois, coupé par une conduite transversale (canal ovoïde et regard en béton à l'extrémité nord). Une partie du berceau en pierres clavées de la voûte antique a été conservée. Les autres parties avec des briques qui séparent des pierres, ou totalement en briques, sont probablement contemporaines des restaurations de l'Antiquité tardive ou du Haut Moyen-âge

S'il ne vous est pas possible d'étendre la fouille pour connaître son origine et son aboutissement (les thermes), il serait indispensable, avant de reboucher, que ces vestiges soient calés en X, Y sur le Lambert et en Z sur le NGF, pour que, lors de fouilles futures, on puisse les relier avec les vestiges découverts dans leur environnement.

Merci de conserver un œil bien ouvert pour participer à la sauvegarde de note Patrimoine. Bon courage et bon travail.

Jean-Louis Paillet, septembre 2014

A la vue des mêmes éléments, voici les commentaires de Vincenzo MUTARELLI, archéologue départemental de Seine-Maritime, directeur du "théâtre antique" de Lillebonne :

« Je souscris entièrement à l'interprétation des données faite par Jean Louis Paillet, surtout à son analyse des proportions évaluées à partir les éléments actuellement disponibles, et je confirme la difficulté d'exprimer un avis définitif sur ces vestiges.

« Cet aqueduc, sans aucun doute d'origine romaine selon les arguments présentés, a été fortement restauré et modifié à différentes époques. Il mérite de faire l'objet d'un nettoyage permettant de mieux identifier les maçonneries antiques et d'établir une première évaluation de l'état actuel de ses structures.

« Il est également souhaitable d'organiser une prospection plus large, complète et détaillée, en vue d'une étude topographique et documentaire de l'ensemble de la structure de l'aqueduc. Les dimensions indiquées prouvent l'importance de la construction.

« Dans une ville dont la fondation historique est illustrée principalement par l'édification d'un monument thermal d'époque romaine - mais dont les vestiges sont aujourd'hui difficilement identifiables-, l'étude de cet aqueduc imposant peut se révéler décisif pour une nouvelle connaissance de la période antique de la ville.

« Je reste à votre disposition pour tout complément d'appréciation pouvant contribuer à la préservation du patrimoine archéologique et historique de votre ville »
Vincenzo Mutarelli, octobre 2014


DES ROMAINS A BAGNERES-DE-BIGORRE.

« Tout le monde sait que Bagnères a été connu des Romains sous le nom de Vicus aquensis, le bourg des eaux.»

Cette notoriété se fonde sur une épigraphie dont les pièces les plus significatives avaient été scellées dans des murs : ici au-dessus d’une porte de la ville médiévale, là bas d’une église aujourd’hui évanouie, plus loin dans le mur d’une ferme.

La ville et le pays recelait ainsi ces marbres votifs comme les trophées instituant qu’ici, au début de la civilisation, furent les romains. Les bâtisseurs du Moyen-âge appropriaient déjà ces pierres parlant latin. Dans ses Œuvres poétiques Guillaume de SALUSTE du BARTAS chantant un Bagnères renaissant évoquait la légende de Pyrène et le mythique Vallon Pénéan transmis par la littérature latine.

Si par la pierre et par le chant, maçon et poète faisaient de l’antiquité romaine l’orgue des choses et des être civilisés, RAMOND en précisant que le bourg des eaux fut connu des romains déploie l’antième autrement. Déjà il annonce que l’antiquaire se fera archéologue. Des relevés se feront, des observations seront consignées lors de travaux de construction et de voirie, des objets seront collationnés, des hypothèses lancées.

Cependant les pierres votives ont continué à migrer dans la ville. Le bel autel votif dédié par SECUNDUS est désormais exposée dans l’escalier intérieur des Grands thermes. Deux autres autels, de plus modeste taille, sont présentés dans un autre escalier, celui du musée Salies.

Pour autant, aujourd’hui, lorsque que l’on cherche à questionner et par là à actualiser nos connaissances sur l’histoire à Bagnères on se trouve confronté à des sources, documents et collections, éparses voire disparues.

Et malgré l’ensemble des bonnes volontés de chacun, de ce désordre, parfois de cet abandon ou ce renoncement, la rumeur fait son lit : on aurait caché des choses, on en aurait détruit d’autres !


LE PAYSAGE COMME ARCHIVE

Le paysage constitue une archive en soi d’une autre nature, inscrite dans notre quotidien, nourrie de nos usages. In loco, in imago, il constitue un enregistrement du passé. Son étude est d’autant plus précieuse qu’elle permet, pour le moins, une méditation quant à notre avenir.

A partir de la fin du XVIIe siècle Bagnères dans sa vallée a été décrit par un ensemble de cartes et plans auxquels sont venues s’associer de nombreuses vues puis photographies. Ce riche corpus permet de comprendre les transformations de la ville et sa campagne. Par son investigation par étude comparative, critique, nous entrapercevons la façon dont la ville thermale a été pensée, conçue.



Les thermes Marie-Thérèse, détail d’une gravure de Friedrich SALATHE (1793-1858) d’après un dessin d’Antoine Ignace MELLING (1763-1831)


Les thermes Marie-Thérèse (détail) Dessin d’A. I. MELLING (1763-1831)
ROSALIS – Archives municipales de Toulouse.

Ainsi la concordance orthogonale entre le cadastre et la voirie du Bourg vieux de Bagnères-de-Bigorre et le plan partiel des thermes romains relevé par l’officier du cadastre JALON nous montre le lien matériel entre la forme actuelle du quartier thermal et sa forme antique. Cette conjonction est aujourd’hui effacée de notre quotidien Pourtant cette conjonction est bien là, à portée de notre main, à la fois dormante mais aussi découverte à nouveau par une chambre de visite rouverte place d’Uzer. Devons-nous refermer à nouveau cette porte donnant accès à notre antiquité ? Ne devons nous pas à nouveau construire des savoirs dans l’actualité des sciences traitant de notre cadre de vie ?


 

Les Grands Thermes, septembre 2014 RS©

« Transfert » du vieux mur dessiné par MELLING vers 1830 dans l’espace public contemporain à partir des détails livrés par Charles-Louis FROSSARD.

 

Dans notre prédédant article nous évoquions un détail d’une vue des thermes Marie-Thérèse gravée par Friedrich SALATHE d’après un dessin préparatoire d’Antoine Ignace Melling, architecte lorrain (1763 – 1831). On peut y voir la source de Salies s’effacer derrière un mur en gros appareil présentant une arche partiellement enterrée et surmonté d’un autel votif . Ce détail est d’autant plus important qu’il est absent de l’ensemble de l’abondante iconographie dont a fait l’objet les thermes Marie-Thérèse.

Le dessin préparatoire de cette gravure fait partie des trois carnets de dessins réalisé sur les Pyrénées par Antoine Ignace MELLING, architecte lorrain (1763 – 1831). Les thermes ayant été inaugurés en juillet 1828, l’architecte étant décédé en 1831 on en déduit que ce « trophée antique » date de la fin des années 1830. Grâce aux bons soins du service des Archives municipales de Toulouse nous pouvons désormais disposer d’une excellente définition numérique de ce dessin.

MELLING dessine un vieux mur surmonté d’un autel votif posé à l’aplomb d’une arche, sur son faît, stabilisé par une pièce de marbre et callé entre deux consoles. Tous ses soins montrent une intention. Héritier de cette longue culture de la référence lapidaire monumental, l’arrangement de ce vieux mur cherche une addéquation entre Antiquité et pensée polytechnique.

Un plan analytique de Charles-Louis FROSSARD (1827-1902) d’après « l’original du calque dû à M. JALON » nous permet de mieux reprérer le positionnement de ce mur. Distant de 7,80 mètres de l’angle nord des thermes Marie-Thérèse, son pan regardant le bâtiment présente un appareillage d’aplomb alors que de l’autre côté celui-ci est irrégulier. Le dessin lui donne environ 1 mètre d’épaisseur pour 7, 30 de long.

Sous-jacent au plan de surface, Charles-Louis FROSSARD reporte le relevé des thermes antiques dressé à l’occasion du déblaiement du site

en Juin 1824 (Cf. calque JALON). Le mur apparaît aligné très exactement au parement externe du mur nord de ces thermes.

Le mur coiffé d’un autel votif (surcharge rouge sombre) apparait enjambant le nouveau Capagaou (surcharge bleu foncé) passant au pied des nouveaux la thermes Marie-Thérèse. L’ancien Capagaou (surcharge bleu clair) passait par-dessus le mur arrière des thermes antiques (surcharge rose pâle)
Dessin analytique non-daté de Charles-Louis FROSSARD d’après « l’original du calque dû à M. JALON »

 

Le mur enjambe le canal dit Capagaou. Il est très légèrement désaxé par rapport à celui-ci. Les couleurs que nous avons reportées sur le dessin de FROSSARD accentuent cette impression abhérente faisant que le Capagaou s’interpose entre l’édifice antique enfoui et le mur de surface. En arrière, dans une proportion de 6,60 mètres d’axe à axe, l’ancien cours du Capagaou coule lui aussi par-dessus les ruines antiques. Ces deux cours du Capadaou ont peut-être assuré en surface ce que l’aqueduc antique assurait souterrainement.



 

Mise en comparaison de la forme de l’autel votif dessiné par A.I. MELLING et de l’autel votif de SEGUNDUS exposé dans l’escalier d’honneur des Grands thermes

 

Dimensions du mur d’après FROSSARD et critique du dimensionnement de l’autel votif de SEGUNDUS tel que proportionné par A.I. MELLING.

Cette correspondanc entre visible et invisible est l’expression d’une continuité entre le premier établissement, sa disparition et la création d’un « grand » canal, puis le recouvrement des deux par de nouveaux thermes aux pieds des quels passe un nouveau canal. Canal aujourd’hui couvert.

Les mensurations données par C. L. FROSSARD dans son dessin analytique appliquées au dessin du mur par A. I. MELLING permet d’en estimer l’élévation à 2,20 mètres par rapport au bord du canal.

Par contre si l’on considère que l’autel votif dédié par SEGUNDUS aujourd’hui exposé aux thermes est celui qui coiffait ce mur, force nous est de constater que le dessinateur en a doublé la taille, comme il en accentuait la monumentalité en allongeant sa pierre de socle et en adjoignant les consoles. MELLING rend ainsi plus manifeste la pierre antique, il en fait un focus suggérant.

Mais quelle que soit la pierre représentée, ce qui est remarquable ici c’est la revendication d’un monument matérialisant, symbolisant, une antériorité romaine, alors qu’il n’est apparemment pas la continuité matérielle du mur gisant sous terre mais sa réitération en surface.


En rouge le mur adossé au mur nord des thermes antiques, d’après le relevé de JALON, 1824 (Mairie de Bagnères-de-Bigorre)

 

Relevé de M. JALON associé aux relevés des sources lors de l’agrandissement des thermes en 1994 – Document Philippe GUITTON) En rouge foncé hachuré report de la position du mur coiffé d’un autel votif tel que décrit par A. I. MELLING.

L’officier du cadastre JALON relève un mur adossé au mur des thermes antiques (se reporter aux deux figures ci-dessus). Il écrit directement sur le relevé les précisions suivantes :

• « Travail sur l’ancien (rouge foncé)
• « Ancien mur fondé sur le béton (rouge clair)
• « Masse de béton (mauve pâle)

Que veut dire ici JALON par « travail » ?

Si l’on reporte ce mur sur le plan comparatif dressé par Philippe GUITTON à l’occasion de l’agrandissement des thermes en 1994 on constatera que son positionnement vis-à-vis des thermes Marie-Thérèse est équivalent à celui proposé par C-L FROSSARD. Dans le plan terrier du dernier quart du XVIIIe siècle comme dans différents plans topographiques ou cadastres, ce pan de mur correspond au mur pignon d’une maison proche de la Fontaine de Salies. Située à la hauteur du Bain du Foulon, elle formait alors la tête de l’îlot adossé à l’ancien cours du Capagaou. Cet îlot sera détruit pour laisser place aux Thermes Marie-Thérèse.

Notre mur « à l’antique » percé d’une arche enjambant le nouveau Capagaou ne peut être que difficilement le mur pignon de cette maison en tête d’îlot. Il serait une « fabrique » bâtie en cohérence avec les ruines des thermes antiques gisant à trois mètres de la surface.

Cependant si une continuité dans l’usage de la citation antique à Bagnères jusqu’au XIXe siècle montre que l’on se préoccupe de la référence latine, la ville construit une économie plus matérielle avec son passé. Sa forme résulte d’une succession de petites opérations construites par laquelle toute nouvelle opération tire une partie de son existence de celle qui la précède. De ce faire la forme de la ville, résistant, s’anime. Mais en quoi la conscience d’une disparition ou d’une absence des choses, ici des formes successives du « plateau thermal » peut-elle conduire non plus à une seule démonstration du progrès mais à une réflexion quant aux « nouveaux » usages de l’eau à Bagnères ?
 

QUARTIER THERMAL DE BAGNERES-DE-BIGORRE
ELEMENTS ANTIQUES ET MEDIEVAUX REPORTES
SUR LE PLAN CADASTRAL ACTUEL.


1- Relevé des thermes antiques par JALON avec en noir gras l’emplacement du mur tel que décrit par MELLING et FROSSARD, 2-A : Ancien Capagaou, 2-B : Actuel Capagaou, 3- Aqueduc redécouvert en septembre 2014 : chambre de visite, deux regards dont l’un dans l’axe de la rue Salies, 4- Anomalie parcellaire liée aux thermes antiques et à l’aqueduc, 5- Petits et Grand bains, 6- Fontaine de Salies, 7-c : Bain du Foulon, 7-d : Bain de Lanne, 8-a :Bain de Théas, 8-b : Bain, 9-A : Villa Romme, logis XVe siècle adossé au rempart XIIe siècle 9-B : Villa Romme, logis du XVIe positionné vis-à-vis de l’aqueduc, 10 – Tour-clocher de Saint-Jean l’Hospitalier, X/Y/Z – Hypothèse d’un arpentage axé sur la rue Salies valant 150 pieds romains ou 25 cannes toulousaines d’entre-axe. NB : Cadastre et calculs www.cadadastre.gouv.fr, les bains sont positionnés d’après deux plans : l’un, schématique, date de 1714, l’autre dit Plan des Sources du milieu du XIXe siècle (Médiathèque de Bagnères-de-Bigorre)

LA FORME URBAINE COMME MONUMENT

Le repérage dans le géométral du cadastre actuel de l’ensemble des observations in situ ou bien issues des cartes et des plans conforte l’hypothèse que nous faisions d’une étroite interface entre Antiquité, Moyen-âge et Renaissance à Bagnères.

A ce titre la redécouverte du tracé de l’aqueduc antique permet d’entrevoir comment la forme de la ville contemporaine conserve les états qui lui sont antérieurs et comment cette forme, expression de transformations successives, nous questionne quant à une possible renaissance des accordailles de l’eau et de la ville.

Pouvoir positionner de façon relativement exacte l’axe de l’aqueduc permet dores et déjà d’établir des corrélations entre les quelques éléments antiques, médiévaux et de la Renaissance actuellement en notre possession. Et par là nous entrevoyons le gain conséquent qu’apportera une actualisation scientifique de nos connaissances.

La description faite de l’aqueduc par le Commandant ROUSSEAU laissait une incertitude quant à son tracé. L’observation directe que nous avons pu faire permet d’en évaluer l’orientation générale. De fait, la chambre de visite une fois ouverte il est aisé d’établir une correspondance orthogonale entre son plan rectangulaire, l’axe de l’aqueduc et la façade d’Uzer. Ainsi plusieurs corrélations sont possibles :

• L’axe de l’aqueduc est parallèle à l’actuelle façade des Thermes Marie-Thérèse et ainsi, selon les relevés de JALON, en relation d’orthogonalité avec les thermes antiques.

• Le tracé de l’aqueduc est en phase avec l’anomalie parcellaire relevée dans l’axe des thermes antiques et par ailleurs avec l’alignement du logis XVIe siècle inclus dans la Villa Romme elle-même adossée aux remparts du XIIe. Cette corrélation entre découpage du sol et bâti, permet de penser que les parcelles situées à l’aplomb de l’aqueduc tiennent compte de son passage, s’y alignent qui plus est. Un indice qui montre que l’aqueduc a pu être utilisé sur une période relativement longue, ou du moins qu’il n’avait pas été oublié.

• Au-delà de l’îlot face aux thermes, l’axe de l’aqueduc recoupe l’emplacement des Petits et Grand bains situés à la croisée des actuelles rues des Thermes et de Soubies. Comme l’on peut raisonnablement penser qu’il soit en phase avec les vestiges antiques trouvés à la fin du XIXe siècle entre le palmarium et la statue de la Muse. L’étendue des thermes antiques en amont du site de la fontaine de Salies s’esquisse ainsi à partir du tracé de l’aqueduc, son déploiement. La taille de sa section suggère un débit conséquent alimenté autant par le ruisseau de Salut que par la collecte de l’ensemble des sources captées. Cet aqueduc, asséchant et stabilisant ainsi le talweg tourbeux qui commandait l’accès aux sources, permettait un plateau thermal confortable. On peut alors supposer que le Capagaou n’est apparu alors en tant que canal de surface que lorsque les eaux de Salut furent renforcées par les eaux de l’Adour. Cette abondance d’eau vive de surface confortait la puissance des moulins dans et aux alentours immédiats d’une ville naissante construisant son économie.

Les vestiges endormis dans le sous-sol, rémanents jusque dans les murs de la ville contemporaine nous renvoient à cet « urbanisme » antique édilitaire . L’eau captée, conduite, rejaillissant dans des fontaines et des bains manifestait une « négociation » entre ce qui est donné (par le Divin ou par la Nature) et ce qui en est restitué au temporel.

De cette magnificence est advenue une maîtrise faisant de l’eau qui soigne une eau qui travaille. Nous voici au cœur d’une question toujours d’actualité!

Les canaux de surfaces, les bains à ciel ouvert, les eaux « non achetées chantées par SALUSTE du BARTAS , puis les bains abrités par les « maisons » urbaines, racontent un desserrement de l’édilité au profit des particuliers et les vicissitudes qu’il a pu en advenir jusqu’à la Révolution, où la ville, centralisant à nouveau son thermalisme, « reprend en main » les eaux.

La santé se conçoit. Comme on a pu la concevoir diversement en d’autres temps, comment la conçoit-on aujourd’hui ? Et comment Bagnères dispensera t’elle ses eaux à l’avenir ?

Pourquoi le Vallon de Salut s’appelle t-il Salut ?


DU SACRE ET DU PROPHANE

Traitant du culte des sources et des eaux dans le monde romain , John SCHEID observe que les romantiques ont fait une confusion épistémologique entre leur vision naturaliste des sociétés paysannes, la religion d’une Nature sacrée chère à l’âme allemande et la conception du sacré dans le monde romain.

A Bagnères, les citations qui font référence aux « romains », les récits qui s’y attachent, comme la façon dont on a pu en chanter les eaux, leurs bienfaits, concourent à une énigmatique épistémè qui, paradoxalement, n’en a pas moins mené aujourd’hui à une tangible « évaporation » des sources.

Désormais le captage direct et profond des eaux dans la nappe aquifère en a modifié durablement la piézométrie. De ce captage concentré, de la distribution maîtrisée des eaux thermales, des dispositions médicales des soins, du principe étendu de précaution pour en garantir une qualité, il résulte une sorte de disparition ; subtilisation intervenant à un moment où savoir comment ces eaux soignent fait toujours débat.

S’ils comprennent l’ensemble des contingences liées à la sécurité de la station thermale, les bagnérais regrettent l’effacement de l’omniprésence des eaux dans leur ville. Dans les années 70 ils ont d’abord vu disparaître celles qui travaillent : canaux et rigoles. Puis dans les années 90 ce furent des sources et des fontaines qui cessèrent de chanter, devenant sèches, perdant la faune et la flore qui y bruissaient, elles devinrent sales à moins d’y passer de temps en temps un Kärcher.

Aujourd’hui en ville, dans ses vallons, dans ses bois, que de sources et de fontaines apparaissent tristement malmenées alors que sur le Web on les affiche resplendissantes et verdoyantes ! Imaginons le désarroi de ceux que de telles avenantes images ont pu attirer à Bagnères !

La virtualité ne pallie pas le réel, elle l’exacerbe. D’abord inquiétant, ce divorce entre image et réalité devient désormais plus que problématique au regard de ce nouveau paradigme naissant qui aspire à une Nature pensée comme « Incarnation laïque » de ce qui fait l’Humain.

Pour le monde romain l’eau ne guérit pas par elle-même. C’est dans la mesure où elle est consacrée à une divinité qu’une source devient « intercétrice » Ce don fait de la divinité sa propriétaire. L’eau sacrée de cette source devient profane du fait d’être restituée aux hommes par cette divinité propriétaire. Le profane est le fruit d’un contre don bienfaisant .

Divin et profane en faisant la part entre ce qui est aux hommes et ce qui est à la divinité, en faisant de l’inaccessible la condition de l’accessible, humanise l’usage du monde, en organise l’urbanité.
Mais si dans le monde antique les eaux chaudes pouvaient être une manifestation divine cela ne fait pas pour autant de Bagnères un sanctuaire de sources . Si nous savons qu’il y avait des thermes, nous ne savons pas comment ils ont pu structurer le site de Bagnères ? Et ceux qui les ont construits étaient-ils romains ? N’étaient-ils pas plutôt des édiles locaux déjà conquis à la nouvelle civilisation ?

Le tracé rectiligne de cette voie « romaine », déboulant des hauteurs de Cieutat et de la côte de Toulouse et allant droit au but sur les sources et leurs thermes, semble être l’expression de cette efficience que l’on prête volontiers à Rome. Mais comment s’organisait l’interface entre les sources chaudes et cet établissement qui les serre au plus près ? Le champ de sources se réduisait-il alors au seul groupe situé au pied du Montolivet ? Où s’arrêtait l’ager, où commençait le saltus ?

Comment se soignait-on alors à Bagnères ? Pensait-on comme au XIXe siècle que l’eau soignait par elle-même du fait de ses seules caractéristiques minérales ? Non, sans doute ! Y cherchait-on dans des conditions plus adéquates une guérison dont l’espoir restait le fruit d’usages immémoriaux ? John SCHEID nous rappelle que pour les romains « faire c‘est croire » Alors quels dispositifs permettaient de recouvrer à Bagnères la salus ?

Un syncrétisme avec les cultures précédentes opérait-il ? Des cultures animistes où l’on dit que les fées chuchotaient aux oreilles de qui passe auprès d’un bois ou d’un gouffre, d’un arbre ou d’une source.

Les dédicaces votives trouvées à Bagnères font bien mention de nymphes , ces êtres si fragiles qu’ils périssent dès que l’on abat l’arbre où elles résident ou que l’on tarit la source où elles demeurent
 

Le bassin de la résurgence du ruisseau de Salut - Photographie fin XIXe siècle. Source inconnue

Ainsi la redécouverte de l’aqueduc antique, les attendus de son étude, nous interrogent sur la place que nous laissons aujourd’hui à l’eau à Bagnères : dans ses formes naturantes - eaux de pluie, eaux de source, eaux d’Adour(s) ; dans ses usages - eaux de soins, eaux de force. Car ce ne peut être qu’à partir de cette vie là qu’à nouveau nous inventerons comment en prendre les eaux.
Si pour la civilisation romaine le divin était la condition du profane ; si pour les chrétiens il y a une Incarnation christique d’une Nature œuvre de Dieu ; si la Réforme a vu dans l’étude de la Nature le moyen d’un accès sans obstacle à Dieu sinon par une ascension contemplant et observant de la montagne ; qu’en est-il pour nous ?

La SALUS pourra-t-elle encore avoir un vallon dédié à Bagnères ?

Richard SABATIER, avril 2015

 

1- Guillaume de SALUSTE du BARTAS (né en 1544 à MONFORT, Gers, et mort en 1590 à MAUVEZIN) Les œuvres poétiques – Vol 1 : A propos de Bagnères-de-Bigorre (p. 247/248)
2- Un édifice dans son paysage. BSR 2013
3- La typo-morphologie est une méthode d’analyse des formes de l’Habiter, urbain et rural, mettant en corrélation les tracés viaires, parcellaires et les bâtiments ainsi distribués. Apparue dans les écoles italiennes d’architecture, portée entre autre par Saverio MURATORI, Aldo ROSSI ou Carlo AYMONINO, la méthode traite désormais des formes des territoires, de leurs paysages, de leurs transformations.
4- Sa naissance est placée alentours de l’année 1184.
5- Une plaque en fonte la scelle depuis la chaussée.
6- L’AQUEDUC DE NÎMES ET LE PONT DU GARD : sous la direction de G. FABRE, J.-L. FICHES et J.-L. PAILLET, historiens, archéologues, architectes, géographes, géologues mettent en commun leurs connaissances pour retracer les différentes étapes de l'histoire de l'aqueduc de Nîmes et du pont du Gard. Edition du CNRS, Décembre 2000.
7- Alain PROVOST, Vincenzo MUTARELLI, Yvan MALIGORNE : Corseul, le monument romain du Haut-Becherel - sanctuaire public des coriosolites. 2010, Rennes, PUR.
8- L.-F.-E. RAMOND de CARBONIERE. Carnets pyrénéens – 1793 (second carnet), Page II-69. Edt. MonHélios. 2014
9- Op. Cit.
10- Les thermes Marie-Thérèse, gravure conservée au Musée Salies est présentée dans la galerie du Musée du Marbre à Salut, son dessin préparatoire conservé aux Archives municipales de Toulouse
11- L’autel votif dédié par SEGUNGUS et présenté actuellement aux thermes, nous semble t-il ?
12- Accessible via le site internet ROSALIS.
13- Plan terrier conservé à la Mairie
14- L’ancien Hôtel BEAUSEJOUR s’inscrit dans cette anomalie parcellaire. C’est à l’occasion des travaux dont il a fait l’objet au début du XXe siècle que le Commandant ROUSSEAU a pu pénétrer dans l’aqueduc antique par un regard
15- Léon HOMO. La Rome impériale et l’urbanisme dans l’antiquité. Albin MICHEL.1951.
16- Non achetées : non captées.
17- Op. Cit.
18- John SCHEID. Le culte des sources et des eaux dans le monde romain. Collège de France 2007-2008 ; Cycle de12 conférences. Ce paragraphe y fait de larges emprunts.
19- Michel FOUCAULT. L’archéologie du savoir. Gallimard. 1969.
20- Laura DEDIEU, Adrien VERTALIER. Ré-inventer ensemble un territoire à Bagnères-de-Bigorre dans la vallée du Haut-Adour. Projet de Fin d’Etudes – Ecole Nationale supérieure d’Architecture de Versailles, sous la direction de Richard SABATIER. Février 2015.
21- John SCHEID Les arbres et les bois sacrés. Conférence 2, Op. Cit.
22- Dans l’antiquité romaine les lieux où plusieurs sources jaillissaient étaient appelées Aquae, la dénomination de Vicus Aquensis, bourg des eaux, pour Bagnères dit la particularité du lieu : un bourg dans lequel on trouve des sources. L’une des dénominations antiques d’Aix-la-Chapelle est Aquensis Urbs : la ville des eaux. Les deux sites bien qu’ayant connu des fortunes diverses, présentent curieusement quelques similitudes.
23- Pour le romains les nymphes ne sont ni dieu ni déesse, ce sont de jeunes vierges non encore matrone.
24- Réforme dont le Pyrénéisme ne peut se départir tant à travers son initiateur RAMOND de CARBONIERE que des hommes tels qu’Emilien FROSSARD rénovateur du culte protestant dans les Pyrénées


 

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